Lomé, 10 décembre 2025, À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, la Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD) rappelle que la dignité humaine et les droits fondamentaux s’appliquent à chacun, y compris aux personnes incarcérées ou récemment libérées. En cette journée symbolique, l’organisation attire l’attention sur un enjeu encore largement sous-estimé : le rôle central des collectivités territoriales dans la réinsertion durable des personnes privées de liberté.
Un contexte national qui interpelle
Les chiffres récents mettent en lumière une situation préoccupante. À fin septembre 2025, les établissements pénitentiaires du Togo comptaient environ 7 920 personnes détenues pour 3 129 places, soit un taux d’occupation de 252 %.
Par ailleurs, la détention préventive concerne près de 60 % des personnes incarcérées, et de nombreux détenus entrent et sortent des établissements sans documents d’identité, sans suivi sanitaire adéquat et sans accompagnement pour préparer leur retour dans la société.
Ces réalités dépassent le cadre strictement carcéral : elles deviennent des défis sociaux, sanitaires et économiques pour les communes. Lorsqu’une personne libérée revient sans appui, sans papiers, stigmatisée et sans perspectives économiques, ce sont les collectivités territoriales qui en supportent directement l’impact.
Les communes, acteurs clés d’une réinsertion réussie
Face à ces enjeux, la SMPDD souligne que les communes jouent un rôle stratégique dans la transition entre la détention et la réintégration communautaire. Elles constituent souvent le premier interlocuteur administratif pour les personnes sortant de prison et disposent d’outils essentiels pour assurer un retour digne et sécurisé, notamment en :
En renforçant ces pratiques, les communes contribuent simultanément à réduire les vulnérabilités, prévenir la récidive et consolider la cohésion sociale, des dimensions intrinsèquement liées à l’effectivité des droits humains.
Garantir les droits humains en détention et après la sortie : une responsabilité collective
Les Règles Mandela, les Règles de Bangkok et les Règles de Beijing rappellent que la protection des droits en milieu carcéral doit s’accompagner d’une préparation adéquate au retour dans la communauté.
Au Togo, plusieurs efforts institutionnels et communautaires sont déjà engagés. Toutefois, leur réussite dépend de la qualité du relais local et de la capacité des collectivités à assurer une continuité entre les établissements pénitentiaires et les services communautaires.
La SMPDD encourage donc une implication renforcée des communes pour construire des passerelles solides autour de quatre axes prioritaires : état civil, santé, insertion socioéconomique et lutte contre la stigmatisation.
Un appel à l’action en ce 10 décembre 2025
En cette Journée internationale des droits de l’homme, la SMPDD invite les collectivités territoriales à :
Chaque action locale, même modeste, contribue à rendre les droits humains concrets et accessibles pour les populations les plus vulnérables.
Un engagement renouvelé pour des territoires plus inclusifs
La SMPDD réaffirme son engagement à accompagner les communes, à développer des outils pratiques et à multiplier les espaces de concertation visant à améliorer la réinsertion et à réduire les discriminations.
Car la promotion de la dignité humaine ne se résume pas à une célébration annuelle : elle s’inscrit dans un travail quotidien au cœur des territoires, auprès de celles et ceux que l’on voit le moins.
En ce 10 décembre 2025, la SMPDD rappelle :
« Les droits ne s’arrêtent pas aux murs.
La réinsertion commence dans la communauté. »